Mercredi 9 juillet 2008
Par Garou
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Lundi 7 juillet 2008
Tels des gnous en migration, les investisseurs se suivent les uns les autres et suivent les analystes. Parfois ils rencontrent un ravin en cours de route.

Jeroen van der Veer, 2002, Royal Dutch Shell, PDG


Par Garou
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Dimanche 6 juillet 2008

Babde-Annonce: "The Take" (2004, Naomi Klein et Avi Lewis)
Par Garou - Publié dans : Dévédéthèque
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Samedi 5 juillet 2008

Une version complète de cet article a été publiée dans La Libre Belgique
(Voir supplément Libre Entreprise du 5 juillet 2008, ou
www.lalibre.be ) 

"La Citoyenneté d'Entreprise est dans notre ADN !"

(Mais tu vas devoir chercher un peu...)



La notion de ‘responsabilité sociétale de l’entreprise’ (
RSE) concerne les actions et engagements volontaires de l’entreprise porteurs d’un certain bien-être sociétal. Elle renvoie au fait qu'une entreprise doit non seulement se soucier de sa profitabilité et de sa croissance, mais également de son impact environnemental, social, et des préoccupations de son environnement externe. Au cours de la dernière décennie, le monde de l’entreprise a vu la notion de RSE progressivement évoluer du statut de phénomène de mode à celui de dimension essentielle à prendre en compte en vue de développer une activité rentable à long terme. Dès lors, stimulées par l’influence croissante des groupes de pression, l’émergence de tendances de consommation dites ‘éthiques’, et le développement de l’investissement socialement responsable, bon nombre d’entreprises s’emploient aujourd’hui à se composer une image de ‘bon citoyen’. Pour ce faire, elles s’efforcent de mettre en œuvre des programmes sociaux et environnementaux et développent des collaborations et partenariats avec associations et ONGs. En outre, elles communiquent leur engagement sociétal en établissant des chartes éthiques, en publiant des rapports de RSE, et en affichant publiquement leur sens moral.

Fait anecdotique mais révélateur d’un certain état d’esprit, l’analyse du discours des entreprise en matière de RSE révèle vite qu’un même aphorisme – considéré semble-t-il comme une sorte de formule magique – se retrouve proclamé par les uns et les autres de façon récurrente: ‘la RSE est inscrite dans l’ADN de notre organisation’. Sous ce vocable aujourd’hui devenu usuel, des entreprises comme IBM, Dole, Fortis, Starbucks, Nokia, Groupama ou encore McDonalds laissent entendre que la citoyenneté d’entreprise et la propension à contribuer au bien commun seraient en fait inscrites dans leurs gènes. Nul besoin donc de s’inquiéter de certaines pratiques sociales et environnementales de tels géants. La biologie organisationnelle veillerait au grain. Tout serait pour le mieux dans le meilleur des mondes (des affaires) possibles’, comme dirait (presque) Pangloss à Candide.

Mais s’il est indéniable qu’il y a toujours quelques cas particuliers que la génétique favorise, il est opportun de souligner que la voie de la RSE s’apparente d’abord à un labeur de longue haleine plutôt qu’à un caractère inné de l’organisation. Les coutumiers écarts entre discours et pratiques effectives de mise en oeuvre de la RSE sont là pour en attester. Qui plus est, il semble également déraisonnable de considérer qu’une entreprise quelle qu’elle soit puisse effectuer la transition vers un modèle réellement durable et responsable en un intervalle de temps court. En effet, les ‘mutations génétiques’ bénéfiques se révèlent être des processus complexes qui, lorsqu’ils ne sont pas le fruit du hasard, exigent de leurs instigateurs d’une part une rigueur exemplaire et d’autre part une connaissance approfondie de l’organisme concerné et de l’environnement dans lequel s’opère la transformation. Tout cela prend du temps.

Au-delà de la métaphore génétique, la voie de la RSE implique un processus de changement des mentalités au sein de l’entreprise et un ancrage de cette notion dans sa culture organisationnelle. Typiquement, il peut être mis en lumière qu’une entreprise passe par trois phases ‘culturelles’ lors de son cheminement vers un modèle d’entreprise responsable au sens de la RSE. La phase d’éviction des préoccupations sociétales est caractérisée par une posture égocentrée de l’entreprise durant laquelle l’intérêt à court terme est privilégié et la notion de RSE avant tout associée à une série de contraintes pour l’organisation. Dans une seconde phase, la RSE est progressivement considérée dans une perspective instrumentale et de gestion du risque réputationnel. Elle est vue comme un outil destiné à protéger la valeur de l’entreprise par le développement d’actions visibles et l’adaptation et le développement de certains processus et produits. La troisième et dernière phase est une phase d’enracinement des principes de RSE dans la culture organisationnelle et la stratégie de l’entreprise. L’entreprise devient un lieu de dialogue et d’interactions avec son environnement. La RSE devient alors potentiellement génératrice d’opportunités et d’innovation pour l’entreprise en même temps qu’elle constitue une source de changement sociétal. Peu d’entreprises peuvent objectivement se targuer d’en être arrivées à ce stade. En attendant, pour les autres, sans doute est-il plus sage d’adopter un profil humble. En effet, tant certains groupes de pression que certaines catégories de consommateurs ont par le passé démontré leur détermination à sanctionner les entreprises perçues comme hypocrites dans leur engagement sociétal.

 

Par Garou - Publié dans : Articles
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Vendredi 4 juillet 2008

Manager seulement pour le profit revient à jouer au tennis en regardant le tableau des résultats plutôt que la balle.

Ivan Lendl

Mais parfois faut quand même avouer que tu les as un peu trop regardés... Hein Ivan? ;-)




 
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Jeudi 3 juillet 2008



"The Corporation" (2003, Mark Achbar and Jennifer Abbott)
Par Garou - Publié dans : Dévédéthèque
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Jeudi 3 juillet 2008

Le commerce équitable serait-il gnangnan?

Peut-être…

...Mais

 

Le commerce équitable peut être considéré comme une entreprise « conscientisante » qui, à la réflexion, est fondamentalement sympathique, en ce sens qu’elle représente une démarche libre qui attire des individus les uns vers les autres.

 

C’est la volonté de constituer une force d’évolution d’un système considéré – à tort ou à raison – comme n’assurant pas les droits économiques, sociaux et culturels de chacun qui constitue le souffle dans la voile d’un commerce se voulant être conçu comme une alternative plus solidaire. Pour ce faire celui-ci « ose », parfois au grand dam de théoriciens obtus du libre marché, « déconnecter le petit producteur de la loi de l’offre et de la demande » en proposant un système se basant sur le développement de relations humaines et commerciales durables et la notion d’un prix minimum garanti. Sur des marchés ou les producteurs ne peuvent souvent compter initialement que sur des prix trop bas et une faible accessibilité aux ressources pour s’extraire de la précarité dans laquelle ils sont plongés et éventuellement tenter de réorienter leurs activités de production, ce processus s’affirme aujourd’hui comme une alternative économiquement crédible, du moins dans une certaine ampleur et avec le soutien du consommateur occidental.

 

Au travers de labels et d’organisations dont le poids médiatique mais également commercial commence à s’affranchir de son étiquette de « quantité négligeable », le rôle de conscientisation des consommateurs à l’existence d’une alternative possible, d’une consommation qualifiée de plus « responsable », s’affirme progressivement. Et c’est bien là que viennent se heurter certaines sensibilités et autres intérêts, illustrés entre autre par l’affirmation que « le commerce équitable est en tant que tel un produit de luxe, qui ne peut exister que parce que les autres acteurs économiques respectent, eux, la loi de l’offre et de la demande ». Et cette affirmation peut être considérée comme correcte si ce n’est qu’il n’a pas vocation à s’imposer en tant que solution universelle aux problèmes de développement économique et s’inscrit en réalité dans le contexte d’économie de marché en s’appuyant sur le développement croissant de l’importance pour le consommateur de la dimension subjective et éthique véhiculée par tout produit. Le consommateur est prêt à accepter un supplément de prix en réalité minime voire inexistant pour la valeur ajoutée « équitable » caractéristique du produit. Et si le commerce équitable se définit effectivement par rapport au commerce dit classique, ce n’est pas en s’adossant à ce dernier mais en proposant un choix distinct au consommateur qui s’affirme doucement aujourd’hui comme un individu enclin à donner un sens à sa consommation.

 

« Sans ce précieux repoussoir [que constituent les échanges commerciaux dits classiques] c’en serait fini de lui » a-t-il été évoqué récemment (avec une certaine déconsidération, il faut bien l'avouer...) à propos du commerce équitable. Ces mots, quoique destinés à souligner la nature de « parasite » que semblent vouloir associer certains au concept de commerce équitable, sont toutefois porteurs d’un bon sens indéniable. Chacun manifesterait sans doute en effet un contentement certain devant l’absence d’un quelconque repoussoir associé à certaines pratiques commerciales contemporaines irresponsables, qui dès lors ferait en effet du commerce dit « équitable » une notion qui n’aurait dans un tel contexte plus aucune utilité.

 

Il est essentiel de mettre en lumière que les organisations mettant sur le marché ces produits issus de filières équitables – filières qu’elles créent bien souvent intégralement - n’expriment contrairement à ce qui parfois est défendu, aucune volonté de dénigrer les agents commerciaux classiques. Elles contribuent bien souvent par contre pour certaines au travers de démarches variées, comme celles développées par Oxfam mdm chez nous, à souligner la nécessité de pratiques commerciales et managériales plus responsables, usant de ce fait parfois du moyen de pression qui est le leur, soit la mobilisation citoyenne. Et le succès relatif du commerce équitable et l’émergence d’une consommation se voulant « éthique » permet dans certains cas une prise de conscience facilitée et sans doute nécessaire de certains, ou même encore le développement de nouvelles opportunités commerciales. Ainsi la nouvelle concurrente de la banane Max Havelaar, une dame Chiquita -reliftée par la Rainforest Alliance - davantage sensible aux considérations sociétales entourant sa production et sa commercialisation, est-elle là pour illustrer le phénomène.

 

Et si la médiatisation et la progression du commerce équitable permettent indirectement d’insinuer ce genre d’évolution dans les processus de gestion ainsi que dans les conditions de production et de commercialisation de produits par certaines entreprises commerciales contemporaines, il n’aura peut-être pas rempli l’ensemble des objectifs ardus qu’il se fixe. Mais il aura contribué – peut être simplement – à ce que la visée de la société humaine soit davantage le progrès des hommes que celui des choses. Et même si l’engagement éthique croissant des entreprises doit résulter d’un éventuel opportunisme commercial, le commerce équitable aura contribué de la sorte – comme il le fait déjà – à une amélioration du bien-être pour certains, fussent-ils moins nombreux qu’il ne le faudrait. Et ce tout en gardant à l’esprit d’une part que la pluralité des démarches en ce sens est la bienvenue et que « c’est une grande folie que de vouloir être sage tout seul » et d’autre part que la voie vers une intégration réelle de la responsabilité sociétale de l’entreprise dans une démarche de fond est encore longue.

 

 

 

Par Garou - Publié dans : Articles
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  • : Regards croisés sur le monde de l'entreprise et les nouveaux mouvements de consommation. "La schizoprénie des loups" - soient-ils petitset individuels ou grands méchants loups organisationnels - se veut un espace de dialogue et de brassage d'idées pour s'amuser des errements des uns, s'angoisser devant la férocité des autres, et s'inventer une jungle et un modèle d'entreprise plus réjouissants...
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